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Rencontre avec Catherine Sueur, Cheffe du Service de l'Inspection générale des finances (IGF)
Intervenant 1
Bonjour Catherine Sueur.
Intervenant 2
Bonjour Christophe.
Intervenant 1
C'est très sympa de trouver un petit moment dans cette rentrée évidemment chargée pour une interview D'ailleurs. Interview, média, communication, culture, c'est pas quelque chose qui vous est tout à fait étranger ? Si mes calculs sont bons, vous avez passé à peu près la moitié du temps dans ce domaine après avoir été éligible et avant d'y revenir.
Intervenant 2
C'est tout à fait exact. J'ai eu la chance de servir dans des grandes institutions culturelles comme le Musée du Louvre ou Radio-France, et également de travailler effectivement pour un groupe de médias privés qui est le groupe Le Monde. C'est une grande chance.
Intervenant 1
C'est un grand bonheur et vous avez été heureuse de revenir ici. Mais si en plus vous revenez quand vous revenez, vous, c'est pour être chef. Quoi ?
Intervenant 2
Écoutez, j'ai été très heureuse de revenir. J'ai commencé ma carrière à l'Inspection générale des finances comme jeune inspectrice en 2003. J'ai travaillé pendant quatre ans à l'Inspection générale des finances. Et puis j'ai eu de la chance d'être nommé chef du service en 2022. Il y a un peu plus de trois ans maintenant.
Intervenant 1
Et puis on va rentrer dans le détail de vos activités, y compris, je crois, sur le terrain parce qu'il y a, il y a beaucoup de terrain, contrairement à ce qu'on peut penser seul.
Intervenant 2
Et d'ailleurs, moi, jeune inspectrice, en quatre ans, j'avais visité 27 départements.
Intervenant 1
Très bien, on va faire ça dans le détail.
Intervenant 1
Alors, GF c'est une marque prestigieuse, ce n'est pas tout à fait une entité comme les autres. Ça suscite des fantasmes, des interrogations, beaucoup d'admiration, beaucoup d'envie. Mais finalement, vous n'est pas si bien que ça.
Intervenant 2
C'est pour ça que je suis là.
Intervenant 1
Oui, bien sûr. Par exemple, le mot “inspection” peut troubler les esprits.
Intervenant 2
Alors vous avez raison. Historiquement, quand l'inspection générale des finances est créée il y a deux siècles, c'est effectivement un service d'inspection et qui a vocation à inspecter tous les services du ministère de l'Économie et des finances qui, sur le terrain, collecte l'impôt. Et puis aujourd'hui, c'est ce rôle de contrôle. Cette mission, on l'a encore, mais ça représente une part résiduelle de notre activité.
Intervenant 2
On fait deux ou trois contrôles par an, mais l'essentiel de notre activité, c'est d'être à la disposition du gouvernement pour faire des missions sur les politiques publiques et qui ont vocation à les évaluer, à proposer des améliorations, à faire des économies. Et donc on essaie de répondre à des questions un peu compliquées que nous pose le gouvernement.
Intervenant 1
Vous faites des rapports qui parfois sont publics, parfois non.
Intervenant 2
Exactement. En fait, on travaille pour le compte du gouvernement, donc à partir d'une lettre de mission signée par un ou plusieurs ministres. Et on travaille, on produit un rapport qui, selon les cas, est rendu public ou pas. C'est le c'est le gouvernement qui décide en fonction de son agenda politique, de ce qu'il y a dans le rapport, etc, de le rendre public ou pas.
Intervenant 1
Alors, par exemple, il y a un rapport qui vous vient à l'esprit, là, qui serait dans l'actualité et.
Intervenant 2
Dans l'actualité en ce moment, on travaille énormément sur ce qu'on appelle des revues de dépenses. Comme vous le savez, on traverse une crise des finances publiques et donc l'Inspection générale des finances depuis maintenant trois ans. Chaque année, sur 5 à 10 thèmes de politique publique fait une revue de dépenses, c'est à dire se pose des questions sur la politique publique en question et propose des améliorations et également des économies.
Intervenant 2
Depuis trois ans, on a à peu près analysé une vingtaine de plus d'une vingtaine de politiques publiques et on a proposé un certain nombre d'économies qui parfois ont été embarquées dans le projet de loi de finances. Et parfois pas, Pas encore peut être.
Intervenant 1
D'accord. En tout cas, vous êtes vraiment là au cœur de l'actualité, même si on ne vous voit pas, vous êtes à fond dans cette action.
Intervenant 2
Les revues de dépenses, je me permets de vous dire qu'elles sont publiques à la disposition du Parlement, à la disposition des citoyens. Et effectivement, j'espère sincèrement, et ça fait partie de notre rôle à l'Inspection générale des finances, de partager l'information sur l'organisation.
00Intervenant 1
D'alimenter le débat et de favoriser des choix nécessaires. Alors je crois savoir par une indiscrétion qu'il y a une mission qui vous. Qui vous tient particulièrement à cœur ?
Intervenant 2
On a effectivement rendu, il y a quelques mois un rapport qu'on a appelé feuille et mat et.
Intervenant 1
Non pas échec et mat.
Intervenant 2
Non.
Intervenant 1
N'empêche, c'est le contraire qui passe.
Intervenant 2
Lutter contre les stéréotypes, ouvrir le champ des possibles. Et là, c'était une question assez importante pour l'économie française, qui est que dans les écoles d'ingénieurs et les études scientifiques, de manière générale, le taux de féminisation plafonne à 25 % depuis un certain nombre d'années. Et donc on a travaillé avec l'Inspection générale de l'Education nationale sur comment on peut faire en sorte que plus de femmes embrassent des carrières scientifiques pour avoir plus d'ingénieurs, parce qu'on a besoin de beaucoup d'ingénieurs pour l'économie.
Intervenant 2
Et c'est aussi pour ça que l'Inspection générale des finances et le ministère des Finances, de l'économie et des finances étaient embarqués dans cette affaire.
Intervenant 1
Donc c'est de bien belles actions et effectivement complètement nécessaire.
Intervenant 1
Alors, on a vu l'émission de DGF passionnante, insuffisamment connue. Il y a aussi bien sûr des métiers. Est ce que vous recrutez à l'IUFM ?
Intervenant 2
Vous avez dit tout à l'heure qu'on était un service mythique, ce qui est vrai. Et d'ailleurs on connaît beaucoup plus nos missions que vous ne le dites. Elles sont. Beaucoup d'entre elles sont publiées et Mais c'est un service aussi atteignable. Moi, je recrute plus d'une quarantaine de personnes par an. Différents types de profils. Depuis la réforme de la haute fonction publique, je recrute des inspectrices et des inspecteurs des finances qui ont au moins deux ans d'expérience professionnelle.
Intervenant 2
Mais je recrute également des data scientists, des auditrices teurs, des inspectrices et des inspecteurs des finances adjoints. Donc je recrute à différents niveaux de séniorité des personnes talentueuses, des personnes qui ont envie de s'investir pour le service public, des personnes qui sont rigoureux et des personnes qui ont envie de trouver des solutions pour améliorer les politiques publiques.
Intervenant 1
Très bien. Vraiment, vraiment très très concrètes. Est ce qu'il y a une ambiance particulière ? Est ce qu'il y a une culture générale ? Il y a.
Intervenant 2
Une culture très forte à l'Inspection générale des finances qu'un service qui a deux siècles. Notre promesse employeur, elle tient d'une part le fait qu'on travaille sur les politiques publiques, sur le fait, d'autre part qu'on y acquiert des méthodes, mais aussi sur le fait qu'on rejoint une communauté de tous les anciens membres et membres de l'Inspection générale des finances qui est très soudée.
Intervenant 2
Et et c'est un service qui a la culture de l'objectivation et qui a la culture de la rigueur. Il y a la culture de l'excellence.
Intervenant 1
Et qui qui mène à beaucoup de métiers. Ensuite, on n'y reste pas forcément toute sa vie, mais ça peut mener à des à des métiers passionnants au service de l'Etat.
Intervenant 2
Absolument. N'y reste pas toute sa vie. C'est important que vous le disiez parce qu'on est là pour conseiller le gouvernement. Mais après l'Inspection générale des finances, quelles que soient les fonctions que vous occupez, c'est bien de rejoindre des administrations, des établissements publics, des entreprises pour avoir un job plus opérationnel que celui qu'on a à l'Inspection générale des finances ou au Conseil.
Intervenant 1
Et puis vous étiez un peu en avance sur le télétravail extra parce que, à la fois, si on fait un service où on travaille en autonomie et ensemble en groupe, enfin, c'est quelque chose de si moderne finalement.
Intervenant 2
Absolument. C'est des équipes de trois, cinq, six personnes. Effectivement, on est libre de s'organiser, donc c'est facile de concilier sa vie privée et sa vie professionnelle à l'Inspection générale des finances. Et on a beaucoup d'autonomie. L'essentiel, c'est effectivement de rendre un rapport à la fin des trois, quatre mois de mission sur lequel on est affecté.
Intervenant 1
Alors, si je suis quelqu'un, on va dire un jeune diplômé et qui hésite encore, vous me dites quoi ?
Intervenant 2
N'hésitez pas, Moi je vous dis n'hésitez pas à travailler pour le service public, N'hésitez pas à candidater à l'Inspection générale des finances. Je publie très régulièrement des appels à candidatures. Je cherche des gens motivés, qui ont des idées et qui ont envie de s'investir pour les services publics et les politiques publiques.
Intervenant 1
Très bien. Eh bien donc, vous l'avez entendu, si vous êtes travailleur, si vous êtes énergique, si vous êtes passionné par le service public, si vous avez un joli cerveau. Destination Inspection générale des finances.
Rencontre avec Amélie Verdier, directrice générale des Finances publiques
Bonjour.
Bonjour. Qui mieux que vous pour rejoindre les finances publiques ? Ce n'est pas une question, c'est une citation. Tout à fait. J'imagine que c'est avec émotion que vous avez retrouvé le ministère des Finances. Ah ça c'est sûr ! En fait, moi, la première fois que j'ai fait ce trajet, c'était en 2001.
J'ai été stagiaire avant même de faire l'ENA. Donc oui, évidemment, c'est un peu la maison pour moi, le ministère et maintenant ma maison, la DGFiP. Alors en quoi le passage du côté de la santé, puisque vous avez été, je crois, secrétaire général de l'APHP, et puis à la tête de l'Agence régionale de santé Ile de France ? En quoi ça peut contribuer à enrichir votre regard sur une administration qui est différente mais qui offre quand même quelques cours en comparaison ?
Bon alors parfois je dis que moi je peux comparer l'APHP et la DGFIP parce que c'est presque la même taille. Il y a un peu moins de 100000 personnes dans les deux cas. En vrai, c'est très très différent. La santé, c'est vraiment une politique publique coproduite. On a le ministère qui pense la politique publique, mais elle est mise en œuvre par des acteurs publics, des acteurs privés.
Donc c'est une administration qui est nativement ouverte sur l'extérieur, si je puis dire. Alors que la DGFIP pendant son enfance est plutôt vraiment une administration qui est construite sur ses missions. Qu'est ce qui vous a le plus frappé ou surpris en arrivant ici ? En revenant ? Alors ça a l'air un petit peu café du commerce, de l'engagement des agents, mais pour moi, ça a un sens très concret.
C'est à dire qu'on est à la fois la DGFiP avec des gens qui ont des métiers, il faut le dire en quand même assez technique, concret. La fiscalité, la comptabilité, le domaine et j'en passe. Mais qui justement pense à rendre ce service public accessible pour tous ? Toutes les personnes à la DGFiP de la Direction générale à l'agent d'accueil, se disent notre objectif passe cette matière compliquée justement de la rendre simple et d'améliorer le service au public.
Je trouve ça très marquant. Merci.
Je vais évidemment vous piloter un certain nombre de très gros chantiers structurants qui ont pour point commun amélioration continue du service rendu, comme le fait un beau partenaire des collectivités locales. Je crois qu'il y a tout à fait un rôle très important à vos yeux. Des conseillers aux décideurs locaux dans le cadre de la réforme du nouveau réseau de proximité a été lancé.
Cette nouvelle offre de service en fait un défi pour les collectivités locales. Donc, c'est conseiller aux décideurs locaux qui peuvent être là pour conseiller sur tout type d'opération. Les maires ont du budget. Oui, les maires, leur équipe aussi. Il faut dire les choses de collectivités, on va dire de taille intermédiaire. Ce qui est très important aussi, c'est les centres de contacts pour les professionnels.
Tu as tout à fait, C'est vraiment quelque chose qu'on a commencé pour les particuliers, avec l'idée justement d'offrir une réponse téléphonique. Mais pour dire les choses, ce n'est pas du call center anonyme. Au bout du fil, vous avez un agent de la DGFiP qui est capable de répondre à vos questions dans une très large mesure, ou de vous orienter vers quelqu'un qui vous répondra de vous donner un rendez vous téléphonique.
Et effectivement, comme ça marche, on le développe maintenant pour les entreprises et tout ça, ça s'inscrit au cœur de la démarche interministérielle services publics. Si mes renseignements sont bons, c'est une administration plus simple, plus proche, plus efficace. Oui, parce qu'on a toujours des progrès à faire pour la DG FIP, le sujet sur lequel il faut qu'on s'améliore encore.
Il y a déjà des très gros progrès qui ont été faits. C'est sur le décroché au téléphone, ça peut être un petit peu difficile, notamment dans les pics de campagne, quand tout le monde appelle un peu au même moment, si je puis dire, dans la fin de campagne sur l'impôt sur le revenu. Au delà de ça, l'important à la DGFiP, je disais, c'est de se rappeler qu'on est une administration multicanal.
Les gens qui peuvent, qui veulent venir nous voir peuvent venir nous voir soit directement dans des centres des impôts, soit dans les points de contact qu'on peut organiser dans les mairies, dans les maisons services. Ils peuvent nous joindre au téléphone. Et bien sûr, et c'est quand même aussi ça qui se développe le plus sur la période récente, ils peuvent ce qu'on appelle dans notre jargon faire des E-contacts, c'est à dire nous envoyer des mails par messagerie sécurisée où vos données personnelles sont protégées.
Et je pense que c'est aussi important de le rappeler. Ce qui nous amène au plan d'action. Simplifions, parce que je crois que des équipes, voilà, elles se taillent un peu la part du lion dans ce plan en disant qu'on est concerné par beaucoup d'actions. C'est vrai, ce qui a un peu défraie la chronique la suppression des Cerfa par exemple.
Donc pour donner une illustration concrète, ce matin, j'étais encore avec les équipes du ministère de la recherche sur comment est ce qu'on peut simplifier l'instruction des dossiers du crédit impôt recherche avec ce double pilier ? C'est un élément essentiel d'attractivité pour notre pays. Et puis voilà, on est quand même déjà faillibles. Donc il faut aussi faire des contrôles, mais les faire au plus juste, si je puis dire.
Et dans l'air raisonnable pour les entreprises. Alors simplification ou modernisation, ça passe par l'innovation évidemment. Aujourd'hui, innovation, tout de suite on pense qu'il y a, oui et on pense bien opportunités pour le service public, peut être aussi risques ou craintes à lever. Est ce que c'est votre vision à la DGFiP ? On a alors. C'est une petite équipe encore.
Mais oui, on a une équipe et j'en profite pour dire que c'est vraiment des agents de la DGFiP, C'est pas des prestataires qui travaillent sur l'intelligence artificielle. Avec des premiers cas d'usages notamment, on a développé en partenariat complet avec les métiers, un dispositif qui s'appelle l'amendement qui permet d'attribuer automatiquement des amendements aux bons services. Et vous savez, quand tous ces amendements déboule au milieu de la nuit, c'était quand même un gros stress pour les équipes, et ça, ça permet de faire ça.
En tout cas, voilà, moi, j'insiste à la DGFIP, il y a toujours un humain qui relie, qui valide. C'est une aide en fait, mais ce n'est pas ça ne remplace pas l'humain. C'est sur une des missions essentielles évidemment de la DGFiP, c'est la lutte contre les fraudes fiscales, sociales en partenariat avec l'URSSAF, etc. Et comment cette lutte plus plus être contre la fraude s'harmonise avec le souci de ce rapport de confiance qu'on a maintenant avec le contribuable qui s'est quand même fortement amélioré ces derniers temps.
Alors c'est au cœur du contrat entre guillemets social, que la DGFiP passe avec l'ensemble de ses usagers. Et je pense que c'est à la fois ça s'exprime par la transparence, vous savez, la déclaration pré remplie, j'imagine, vous vous en doutez, hein ? l'Administration fiscale, en fait, elle avait ses données avant, mais c'est aussi une manière de dire on ne fait pas semblant, vous cache pas ce qu'on sait, on les met sur la table.
On dit aussi très clairement que une très grosse part des contrôles fiscaux qui sont déclenchés, oui, ils sont déclenchés par des incohérences déclaratives. On a une cellule à la fraude déclarative. Donc c'est dans les plans de lutte contre la fraude de renforcer les moyens qui sont mis sur la lutte contre la fraude fiscale, d'être explicite sur le fait que les très hauts revenus et les très gros patrimoines, ben oui, sont plus contrôlés.
En général, ils s'y attendent. Et de se dire aussi on a un nouveau délit qui a été mis en place par la loi de finances encore récemment, d'incitation à la fraude fiscale. C'est c'est aussi ça la confiance, c'est d'être clair sur effectivement les conditions dans lesquelles on va appliquer la loi. Merci.
Vous venez d'aborder plusieurs axes d'action qui montrent qu'à l'évidence, les personnels et vous font un travail passionnant. Et pourtant, aujourd'hui, l'attractivité, c'est pas une évidence, c'est un défi. Moi, je pense que c'est un défi pour tout le monde, pour tout employeur. La DGFIP, elle a 1000 choses à offrir, mais elle n'est pas toujours bien connue de l'extérieur, voire elle fait peur.
On le voit, on a aujourd'hui, je dirais, encore beaucoup, beaucoup de gens qui s'intéressent à la DGFiP, qui passent les concours. On est aussi très fiers de recruter des alternants, des apprentis, des contractuels qu'on incite à passer les concours aussi derrière. Mais je pense que le monde a changé. On a aussi des gens qui se disent pas quand ils commencent, ils vont forcément faire 40 et quelques années à la DGFIP.
Donc il faut aussi qu'on soit très attentifs à l'attractivité, à l'entrée si je puis dire, et puis aussi à fidéliser bien sûr nos équipes. Et donc je vais vous demander un peu d'imagination. Oui, j'ai 25 ans, j'ai envie de rentrer à la DG FIP. Vous me dites quoi ? En quelques mois, venez participer au service public qui consiste à la fois à recouvrer l'impôt, tenir les comptes des collectivités locales.
On est un service public qui est au plus près des territoires. Vous savez, il y a un maillage important de la DGFIP, la DGFIP, je dirais, ça va de briefer le ministre ou essayer de le convaincre sur une disposition qu'on veut en loi de finances, jusqu'à, encore une fois, définir les conditions d'accueil des particuliers, c'est faire de l'intelligence artificielle, mais aussi se demander comment on fait évoluer les applications qu'on a construit dans les années 70.
C'est beaucoup du management temps. C'est aussi important de le dire comme ça. Encore une fois, dans dans un environnement autour de nous qui se transforme. Et la DGFIP a aussi un rôle économique. Donc on finance un services publics et on a un rôle très très important dans la vie économique du pays avec toujours cette envie d'améliorer la manière dont on rend le service et d'être à l'écoute de nos usagers, quels qu'ils soient, en considérant qu'en fait on doit et toujours et on peut et on doit toujours faire.
Merci, je vous en prie, merci bien. Au revoir.
Rencontre avec Clémence Olsina, Directrice des affaires juridiques
- Clémence Olsina, bonjour et bon anniversaire.
-Merci beaucoup. Effectivement, ça fait un an que j'ai pris mes fonctions au sein de cette direction. Un an pile au mois de mai.
-Et alors ? Au bout d'un an, ça va. C'est plus la phase d'étonnement,
mais c'est la phase de contentement
- C’est la phase durant laquelle on a pu prendre la mesure de cette
très belle direction et surtout faire connaissance avec ces équipes qui sont formidables. Donc je suis vraiment ravie d'avoir rejoint ce ministère et cette direction
en particulier.
- Alors votre parcours ? Avant, ne menait pas forcément
directement droit, si j'ose dire, au droit de Bercy, mais quand même,
ça vous y préparez pas mal ?
- Bien, écoutez, j'ai eu en tout cas l'opportunité d'exercer
le métier juridique sous ses divers angles au Conseil d'État dans des fonctions,
juridictionnelles, de conseil du gouvernement lorsqu'il élabore
la loi ou un texte réglementaire. Ensuite, j'ai rejoint les services du Premier ministre. Et puis j'ai eu la chance aussi de diriger une autre administration centrale de métier au sein d'un autre ministère, le ministère de l'Intérieur. Et donc j'arrive ici avec, disons, cette vision déjà multiple du métier juridique.
- Alors c'est une arrivée à Bercy, mais c'est aussi un retour ?
- J'ai effectué mon premier stage lors de mes études supérieures.
- À moins de 20 ans donc ?
- À moins de 20 ans, tout à fait dans l'équipe qui était chargée
de l'élaboration du budget européen.
- Maintenant, on va s'atteler en détail à cette DAJ que vous dirigez. La direction des affaires juridiques, la DAJ, c’est pas forcément la direction la plus connue
et la plus en vue de Bercy. Il y a des directions
qui ont des uniformes, des armes. Comment on pourrait la définir
d'une phrase ?
-Si on devait la comparer à un métier que tout le monde connaît bien,C'est une sorte de cabinet d'avocat.
- Un grand cabinet d’avocat.
- Un grand cabinet d'avocat, implanté dans le ministère et qui travaille
pour toutes ces directions et ces ministres et leurs cabinets ministériels.
- Et qui a différentes missions ?
- Alors effectivement, qui a 5 grandes missions. On est d'abord le conseil de toutes ces directions et des autorités du ministère. Alors, très concrètement, lorsqu'une direction, Direction générale des entreprises, du Trésor ou autre bute
sur une question juridique, au sujet d’une opération économique, d'une réforme que ces directions souhaitent engager, elles peuvent saisir la direction des affaires juridiques qui a pour mission de les conseiller sur les options à retenir. La deuxième grande mission que nous avons, c'est de coordonner l'action normative du ministère, notamment lorsque le ministère souhaite engager l'élaboration d'une loi qui intéresse tout le champ ministériel,c'est la direction des affaires juridiques qui la coordonne et qui ensuite assure son suivi. Troisième mission, on est l’avocat au sens le plus strict du terme dans le cadre de contentieux qui peuvent concerner l'État. Ça peut couvrir des affaires très très variées, là encore, qui vont de dossiers de fraudes à des aides publiques qui ont été indûment versées, aux affaires de terrorisme qui auraient fait malheureusement des victimes au sein
des agents publics ou encore des affaires de préjudice écologique
que l'État va chercher à faire indemniser.
- Donc, au moment où on se parle, il y a un procès où il y a quelqu'un de la DAJ ?
On peut le dire ?
- Absolument, on travaille aussi avec d'autres avocats, puisque ça concerne 20 000 dossiers sur tout le territoire suivi par cette direction. Notre quatrième mission, c'est une mission sur laquelle on est assez connu, en tout cas
au sein de la sphère administrative, on a pour mission d'élaborer le droit de la commande publique. Donc on a un rôle à la fois. Là encore, pour élaborer la norme ou les achats publics. On élabore la norme, là encore, on la propose. Et dans ce champ de la commande publique, on a aussi pour mission d'animer l'écosystème de l'achat public et une dernière mission que je souhaite évoquer, c'est notre rôle en matière de marque de l'État.
- Parce que l'État
a ses marques ?
- Absolument.
- C’est pas encore connu...
- Au sens large de l'État, le Mont-Saint-Michel, ou la marque France Travail, Ce sont des marques qu'il faut développer. qu’on dépose et qu'on protège aussi, notamment dans l'environnement numérique, pour lutter contre l'usurpation
des identités de l'État. Donc vous voyez, c’est un spectre très large de missions.
- De quoi occuper votre personnel, toute la journée. Alors ça, ça existe déjà
depuis un petit quart de siècle ?
- 1998.
- On est pas très loin, dans 2 ans, vous fêterez vos 25 ans. Mais il y a aussi vos dossiers à vous depuis depuis un an et puis les mois qui viennent. Alors c'est quoi votre actu ?
- Alors, nous travaillons en ce moment sur le projet de loi en matière de simplification de la vie économique que notre direction a élaborée avec l'ensemble
des directions du ministère et que nous suivons maintenant aux côtés des ministres. Pour nous, simplifier, c'est aussi faire de la pédagogie, de la norme et faciliter l'accès au droit. Donc on a une mission importante
de diffusion, de guide de bonnes pratiques, précisément pour éclairer les praticiens du droit et du droit économique en particulier. C'est vrai notamment dans le champ du droit de la commande publique, mais aussi dans le droit en matière
d'aides d'État par exemple, où nous avons une activité de publication
aussi importante.
- On parlait tout à l'heure de votre conviction européenne et de votre formation européenne. Là, il y a aussi des vrais sujets d'actualité sur sur l'Europe en ce moment, en terme juridique ?
- On est au ministère de la Souveraineté industrielle et numérique et effectivement, dans le contexte géopolitique actuel, beaucoup de questions se posent par exemple sur l'élaboration d'une préférence européenne quand on parle notamment d'achats publics, mais pas seulement. Donc ça, c'est effectivement des questions qui soulèvent des questions juridiques importantes et complexes sur lesquelles nous sommes conduits à travailler.
- Bon alors on le voit, vraiment beaucoup de dossiers chaque jour pour vos équipes. On a vu la direction des affaires juridiques, la DAJ, c'est une quantité de missions, de métiers extraordinaires. Il y a de quoi attirer les talents et les énergies ?
- Je crois et je l'espère aussi. Effectivement, je pense que la première raison pour laquelle on peut vouloir nous rejoindre, c'est précisément ce collectif très varié qui est fait d'expertises et d'expériences très riches. Au sein de la DAJ, vous trouvez d'anciens magistrats administratifs, judiciaires, d’anciens avocats, greffiers et des agents publics qui ont forgé leur expertise juridique dans beaucoup de sphères de l'État, du ministère. Et quand on est juriste, on aime
la collégialité, donc le collectif. Donc je pense que c'est la la première raison. Ensuite, le métier juridique, ce qu'il a de formidable, c'est
qu'il est mobilisable partout. C'est un métier qu'on peut déployer
dans toutes les sphères du ministère et de l'État. Quand on passe, en tout cas, par la DAJ, on peut repartir dans un environnement juridique, mais on peut aussi poursuivre son parcours.
- La mobilité à l'intérieur de Bercy, on en parle et là vous l'incarner concrètement.
- Et idéalement ensuite, ils reviennent nourrir la direction des affaires juridiques, de ce qu'ils auront appris dans ces directions. Et c'est ce qui nous permet,
nous, d'avoir un regard opérationnel ensuite, sur les questions qui nous sont
soumises. Et puis pour finir, la matière juridique, c'est un levier d'action. Et donc on est là pour rappeler un cadre, mais pas seulement, pour trouver des solutions au bénéfice des directions qui nous saisissent. Donc c'est aussi un lieu de créativité.
- Et on en a besoin plus que jamais dans les temps troublés d'aujourd'hui. Ecoutez, je crois que vous avez convaincu. Ceux qui sont avec vous
ont apprécié, j'espère, cet hommage. Et puis aux autres
qui nous ont écouté : « Destination DAJ ».